Le phénomène lolita par Rekha MALTON

Le phénomène Lolita bat son plein dans toute l’Europe : ce sont des petites filles de 10-11-12 ans qui portent des habits sexy, provocants à la manière de leurs idoles : Lorie, Alizée, Jennyfer, Brithney Spears.

Les hommes tombent comme des mouches devant ces petites bombes sexuelles, s’emballent.

Que doit-on penser de ce comportement ?

Doit-on s’inquiéter pour nos jolies têtes blondes ou brunes ?

Selon les dernières statistiques d’IPSOS, il apparaît clairement que les jeunes filles commencent leurs premières expériences sexuelles de plus en plus tôt.

Au même âge, une adolescente a déjà eu plusieurs partenaires que son homologue masculin.

Ceci s’explique notamment par l’émancipation de la femme, une éducation plus « libre », une autorité des parents s’amenuisant sur leurs enfants (il suffit de regarder le reportage sur M6 « Super Nounou »), l’allongement de la durée de vie qui rend les femmes plus proche de la préoccupation de « paraître plus jeune » d’où la multiplication des crèmes ant-rides, la nouveauté de la DHEA.

Il y a 20-30 ans, les petites filles jouaient à la poupée Barbie à 10-11 ans, on leur offrait un nécessaire de dinnette pour imiter maman avec sa vaisselle.

Elles s’habillaient en chemine à col claudette, robe à dentelles, soquettes blanches, se tenaient sagement à l’école et à la maison.

On leur lisait les contes de Perrault, écoutaient Chantal Goya ou regardaient Candy, Recré A2.

Maintenant, ce temps semble révolu, elles délaissent poupées et jeux de société pour aller faire du shopping avec la grande sœur ou la maman et s’acheter des string, des décolletés plongeants alors qu’elles ne possèdent pas de poitrine.

L’esthétique est plus présente que jamais.

Je dirai même sans prendre beaucoup de risques, que le « Le look » se trouve au devant de la scène sur tous les plans : professionnel, sentimental.

Le phénomène a pris une importance telle que des Instituts de Beauté pour petites filles ont ouvert leur porte au Etats-Unis : french manicure, pose de faux ongles, épilation, maquillage permanent, micropeeling, coiffure sophistiquée.

Ces centres affichent complet et la liste d’attente ne fait que s’allonger !

Les mères se précipitent pour inscrire leur petites filles à des concours de beauté.

Au Japon, « les cols blancs » dévorent les bandes dessinées, les dessins animés pour s’abreuver de « Manga ».

On ne compte plus les demoiselles dans la rue en tenue sexy, hauts talons (ou bottines compensées), les Gloss qui donnent aux lèvres un côté pulpant, les contours à lèvres pailletés, les mascara allongeant les cils, la petite mouche au coin de la bouche, les soutiens gorge qui sortent du Top, les string apparents.

Mais 2 questions viennent à l’esprit : d’où vient ce phénomène et comment l’expliquer ?

*Première question : D’Où vient ce phénomène ?

Il me semble que le phénomène Lolita prend ses sources après les années 50 au moment où la femme revendique son droit à l’indépendance, à gagner le même revenu que la gente masculine.

A l’évidence, les hommes se sont sentis menacés par ces femmes dites « fortes ».

Aussi, le modèle de la femme fragile, qui a besoin d’avoir à ses côtés un homme qui « assume » rassure l’homme et lui donne de l’assurance.

On peut également remarquer que parallèlement à la montée du phénomène Lolita, les femmes d’âges mûres redeviennent des gamines : elles regardent des K7 de Walt Disney, Casimir, l’Ile aux enfants ou autres dessins animés tels que Candy, Albator, Goldorak en mangeant pop corn, coca, sucettes, pommes d’amour.

On ne compte plus les soirées disco, avec comme invités Chantal Goya fredonnant des tubes des années 80 (« Bécassine, c’est Ma cousine »)remixés à la mode !

*Deuxième question : Comment expliquer ce phénomène ?

Pourquoi ?

Parce que ces femmes approchent 40-50 ans et voient leur jeunesse s’effilocher comme une peau de chagrin, elles s’aperçoivent qu’elles ont grandi trop vite (sorties trop tôt avec des garçons, ont eu des expériences sexuelles trop jeunes).

De plus, les aléas de la vie devenus précaires, licenciement, montée des prix, logement très cher, précarité de l’emploi, font que les femmes veulent retrouver inconsciemment leur jeunesse, l’insouciance propre à l’enfance.

Ce constat relève d’un paradoxe certain : quand on est enfant, on cherche à grandir, à faire comme les adultes indépendants et lorsqu’on approche la quarantaine, on donnerait cher pour boire un peu d’eau de jouvence pour retrouver d’un coup le temps de l’Innocence.

En ce qui concerne le phénomène Lolita pour les petites demoiselles, je ne pense pas qu’elles aient une vraie envie de devenir des bombes sexuelles mais à imiter leurs modèles : chanteuses, actrices, top models.

N’oublions que ces petites filles approchent la période adolescente et qu’elles cherchent leur personnalité, une identité dans l’Identification !

Certains hommes tels que le héros de « Lolita », roman de Nabokov (1950) et porté à l’écran et interprété par Jérémy Irons dans le rôle d’Humbert Humbert tombent dans le piège de ces lolita en devenant esclave de ces petites allumeuses affichant une attitude de garce.

Ce quadragénaire tombe éperdument amoureux d’une gamine de 12 ans : jeune fille aux attitudes provocantes, un rien vulgaire et qui joue impunément avec les sentiments de cet homme.

En lisant ce roman, ou en voyant le film, personne n’éprouve de l’animosité pour cet homme sensible, romantique, cultivé, écorché vif bien au contraire, on compatit devant sa souffrance.

L’écriture fine de Nabakov, son génie littéraire nous fait pourtant oublier une réalité horrible : Humbert est pédophile

*L’explication des Psychologues

Un groupe de Psychologue s’est interrogé sur ce phénomène grandissant en juillet-aôut 2005 : cette tendance des lolita s’explique par la Surenchère de la sexualité dans notre société actuelle : chanson, cinéma, publicité, presse…

*Si vous tendez l’oreille et écoutez les chansons telles que Etienne Etienne de Guesch Pati, vous vous rendrez vite compte que le contenu comporte des propos très sexuels :
« Étienne, Étienne
Oh ! Tiens-le bien
Baisers salés salis
Tombés le long du lit de l’inédit
Il aime à la folie
Au ralenti je soulève les interdits
Oh !
Étienne, Étienne
Oh ! tiens-le bien
Affolé affolant
Il glisse comme un gant
Pas de limite au goût de l’after beat
Reste allongé je vais te rallumer
Aïe
Étienne… »

Ou celle de la chanson « fais moi mal Johnny » (parole de Boris Vian) :

Il s’est levé à mon approche
Debout, il était bien plus p’tit
Je me suis dit c’est dans la poche
Ce mignon-là, c’est pour mon lit
Il m’arrivait jusqu’à l’épaule
Mais il était râblé comme tout
Il m’a suivie jusqu’à ma piaule
Et j’ai crié vas-y mon loup

Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny
Envole-moi au ciel… zoum!
Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny… »

Les chanteuses telles que Brithney Spears, Madonna, Christine Aiguillera, Kylie Minogue jouent avec leur corps, tenues sexy et découvrent des fragments de peau équivoques : poitrine, jambes, ventres, épaules.

Que ce soit maquillage, coiffure, tenue vestimentaire, gestuel du visage tout tend à provoquer le DESIR chez l’homme, ce qui signifie que la conquête du mâle devient l’unique objectif délaissant tout autre intérêt tel que la défense des animaux, la protection de l’environnement, la lutte contre le sida, la politique…

Au cinéma, on assiste depuis trente ans à une assymétrie notoire de la nudité : 4 fois plus de femmes se déshabillent que les hommes.

La publicité suit le même courant : les femmes se montrent de plus en plus dévêtues, les bouches pulpeuses, c’est la sexe attitude dans toutes les marques : Parfum, Shampoing, Gel douche, Crème anti ride…

Ce phénomène n’épargne pas les jouets : les Barbies portent des mini jupes, des bas transparents, des strings.

La répercussion touche également la presse : « Jeunes et Jolies », « 20 ans », « Ellego », « Teans ».

Des articles entiers sont consacrés pour donner « les astuces » pour attirer les garçons, garder son fiancés…

Tout ceci soulève un autre problème.

Nous nous efforçons de protéger nos enfants contre les pédophiles mais en même temps tout contribue à dénuder les petites filles en les rendant très attirantes…

Formée à l’Approche Centrée sur la Personne (Carl ROGERS) pendant mes années à la faculté, j’ai participé à plusieurs ateliers, séminaires d’approfondissement aux méthodes thérapeutiques :

-PNL,

-Hypnose Ericksonienne,

-Test Du TAT,

– Psychanalyse,

-Psychogénéalogie,

-Thérapie Familiale du Groupe

-Relation d’Aide

Tout ce parcours m’a permis de réfléchir sur mes propres blessures intérieures, mes nœuds à dénouer et acquérir une connaissance de l’individu.

Ces centaines d’heures d’écoute et d’accompagnement m’ont amené à faire le même constat que Carl ROGERS :

« L’individu possède en lui-même des ressources considérables pour se comprendre, se percevoir différemment, changer ses attitudes fondamentales et son comportement vis-à-vis de lui-même.

Mais seul un climat bien définissable, fait d’attitudes psychologiques facilitratrices, peut lui permettre d’accéder à ces ressources ».

Rekha MALTON

Cours Gratuit on line

http://www.psycho-mieux-etre.com

Source: http://www.contenulibre.com/125-enfants_et_ados

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